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Retrouvez ici les nouvelles du site, notamment mes aventures photographiques. Le but est de parler davantage du contexte qui accompagne les images, et de montrer que la photographie d'oiseaux est loin d'être facile. Sujets absents, affûts et photos ratées, occasions manquées constituent l'essentiel des sorties !

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dimanche 13 mai 2018

Touches pas à ça p’tit con

Je sais, j’ai écrit un gros mot dans le titre de ce post. Mais bon, c’est excusable dans 2 cas. Tout d’abord, si c’est pour qualifier un chasseur, c’est souvent justifié. Ensuite, s’il s’agit d’une réplique culte de la trilogie de la 7ème compagnie, c’est aussi parfaitement justifié. « Touches pas à ça p’tit con » c’est le nom du bouton qu’il ne faut jamais toucher. Mais bon, on verra ça plus tard.

J’ai retrouvé mon couple de pics mar suisses de l’an dernier. Sans pouvoir être sûr qu’il s’agit des mêmes oiseaux, ils ont dans tous les cas élu domicile dans le même trou et ont le même accent suisse que l’an dernier. Pour la petite histoire, j’avais repéré un autre arbre avec des trous typiques du pic mar 100 mètres plus loin. Pendant que j’étais assis à quelques 10ènes de mètres en train d’observer si l’un des trous était occupé, une chevrette est venue droit sur moi. Je suis resté de marbre, vu que pour une fois, je n’avais pas pris mon matériel photo, bien entendu ! Elle s’est arrêtée à 20 mètres de moi, puis s’est couchée pour faire une petite sieste ! La situation a tenu 3 ou 4 minutes, avant que subitement, elle me repère et parte en panique à 300 km/h…

Finalement, rien à signaler dans ces nouveaux trous. Donc je me concentre sur mon trou de l’an dernier, en réinstallant ma tente affût « abri de rando Queshua » recouvert d’un filet camo qui coûte 2 fois le prix de la tente. J’ai mis un petit mot pour les potentiels voleurs suisses, même si on dit qu’il n’y a pas de voleurs en Suisse : « Merci de laisser le filet si vous volez ma tente. J’ai des moyens limités, je suis français et je bosse en France pour ne pas manger votre pain, alors j’ai un salaire de misère. »

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Comme l’an dernier, mon affût est tout de suite accepté par les oiseaux. Pas un cri d’alarme, en plus je réussis à y rentrer et à en sortir à chaque fois sans me faire repérer. C’est le début de la repro, je remarque qu’il y a assez souvent un oiseau dans la loge, qu’ils se relaient, mais que parfois, les 2 oiseaux partent en vadrouille. Le truc sympa, c’est que les oiseaux, surtout la femelle, restent parfois de longues minutes contre le tronc à côté du trou. J’ai donc tout le temps de faire des photos. De plus, la canopée n’est pas encore trop dense et j’ai une quantité de lumière assez confortable pour faire mes photos. L’autofocus aussi n’est pas encore complètement largué par la faible luminosité. Voici la femelle :

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Là, c’est encore la femelle qui régurgite des parties non digérées de je ne sais quelle proie :

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Et là, elle est remplacée par le mâle. Le mâle à une calotte d’un rouge plus vif, mais chez ce couple la différence n’est pas frappante. L’an dernier, la femelle avait un plumage très usé et avait perdu presque toute sa calotte rouge. Cette année c’est cool, je peux photographier indifféremment le mâle et la femelle qui ont tous les deux un beau plumage !

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Là, c’est toujours le mâle qui refuse que la femelle prenne sa place. Bec ouvert, langue tendue, ça fait peur !

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La fois d’après, j’essaye de me servir de l’arbre mort qui est en premier plan (le truc flou à droite sur les photos) pour composer des images différentes, et aussi pour effacer la loge des photos, car un pic à côté de son trou, c’est classique comme photo, vu que c’est à peu près le seul endroit où il est aisé de photographier un pic ! Alors voilà quelques images, avec différentes lumières, cadrages et attitudes de l’oiseau. Difficile de choisir la plus intéressante :

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Quand la femelle commence à faire sa toilette, je regrette presque d’avoir l’arbre flou qui cache une partie de l’image ! Mais je n’ose pas décaler le matériel, ça pourrait l’effrayer :

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Et c’est là qu’on en arrive au fameux bouton « Touches pas à ça p’tit con ». Sur le 500mm, il y a un bouton qui sert à limiter la course de l’autofocus. Au lieu de chercher à faire le point entre 4,5 mètres et l’infini, on peut le chercher entre 10 mètres et l’infini :

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L’intérêt, c’est que si le sujet est à plus de 10 mètres, comme la loge des pics (à 11 mètres), L’autofocus ne peut pas venir focaliser sur l’arbre qui est à 5 mètres juste devant et sur lequel il n’y a rien. Du coup, même si il rame pour trouver le pic et a plutôt tendance à focaliser sur les feuilles qui sont derrière, il va avoir une course de recherche beaucoup plus limitée qu’il va effectuer beaucoup plus vite, donc il finira par « accrocher » sur le pic plus vite.
Le problème, c’est qu’à chaque fois qu’on limite la course de l’autofocus, il se passe toujours un truc entre 4,5 mètres et 10 mètres, alors que normalement ça n’arrive jamais. Donc voilà, cette fois, c’est un grimpereau des jardins, petit oiseau minuscule, magnifique et très dur à photographier, qui est venu parcourir l’arbre à 5 mètres de moi. Du coup, comme d’hab, je suis fou, je vise l’arbre, j’appuie sur le déclencheur, ça ne fait pas la mise au point, je mets 3 plombes à chercher pourquoi avant de me rappeler que j’ai touché au bouton « Touches pas à ça p’tit con ». Du coup, je cherche le bouton, mais comme il y en a 5, je trouve d’abord les 4 autres avant de tomber sur le bon, je le remets en position normale, et c’est à ce moment que le grimpereau des jardins repart. Et du coup je peux cette fois prendre ce bel arbre en photo, mais sans rien dessus :

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A noter que ce fameux bouton à une 3ème position, pour que l’autofocus ne puisse faire la mise au point qu’entre 4,5 et 10 mètres. Pour utiliser cette position, faut quand même être sacrément prétentieux dans la qualité de ses techniques d’approche…

Je termine avec une dernière prise plus récemment. La végétation a poussé, ça y est, il n’y a plus de lumière dans le sous-bois sauf au moment où par miracle, un rayon de soleil vient illuminer le devant de la loge pile quand un oiseau est là !

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Les œufs ont éclos il y a environ une semaine. Fini les photos des adultes sans nourriture dans le bec ! J’espère avoir le temps de faire des photos durant les derniers jours de nourrissage, comme l’an dernier, quand les poussins montrent leur bouille au bord du trou. A suivre…

lundi 23 avril 2018

Les chardonnerets voilés

Le printemps arrive, et l’autre jour, je suis retourné dans le bois aux pics mar pour voir si des fois les oiseaux allaient nidifier dans le même trou que l’an passé. C’est plus fréquent chez le pic mar que chez l’épeiche, alors tous les espoirs sont permis. Je retrouve mon tronc d’arbre, je m’installe assez loin, histoire de ne pas perturber les oiseaux si l’envie leur prend de venir sur le tronc, et j’observe avec les Zeiss Victory SF (toujours aussi formidables ces jumelles), accroupi au sol. Pour vous rappeler où se trouve ce petit coin, c’est au beau milieu d’un bois, loin de tout sentier, au milieu de nulle part, là ou normalement on ne devrait jamais croiser personne, hormis un chevreuil, un renard ou un sanglier. Mais voilà, comme d’habitude, l’improbable arrive : un couple de joggers, qui court en plein milieu des branches mortes (très astucieux pour essayer de se tordre une cheville, et je sais de quoi je parle, je m’en suis mis une en vrac au boulot y a une semaine…), vient droit sur moi. Le mec est devant, il passe à 2 mètres de moi sans me voir, et comme si ça ne suffisait pas, il s’arrête pile à mon niveau, et se retourne pour voir si sa femme suit toujours. L’histoire ne dit pas s’il essayait de la semer pour enfin s’en débarrasser, mais si c’était le cas il ne courrait pas assez vite. Du coup, sa femme le rejoint, il me voit enfin. Bon, je dis bonjour, et puis ils repartent toujours en plein milieu des arbres.

Bref, cette anecdote étant passé, durant 45 minutes, j’observe avec plaisir un pic mar qui vient se poser sur le tronc de l’an dernier quelques secondes. Un peu plus tard, j’observe le couple sur les arbres juste à côté. C’est plutôt bon signe tout ça, mais il est encore un peu tôt. Du coup, je repars à la voiture, en évitant de passer devant les 2 pièges photos appartenant aux gardes faune suisses que j’avais repérés en arrivant avec mon œil d’expert. Je repars en voiture, et comme d’habitude, je fais demi-tour sur le parking au-dessus du bois. Et au moment où je tourne sur le parking, voilà qu’une nuée de chardonnerets s’envole à gauche ! Ils étaient posés juste là, dans une boue dégueu, je ne sais pourquoi. Du coup, comme j’avais pris le sac photo au cas où, je gare ma voiture sur le parking et j’attends, des fois qu’ils reviennent se poser. Et 10 minutes plus tard, les oiseaux reviennent comme espéré pour manger je ne sais quoi !

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Ils sont posés dans la zone entourée en rouge. Mais ne les cherchez pas non plus, bien sur, il n'y en avait pas au moment ou j'ai pris la photo, parce que quand ils sont là, j'ai l'oeil dans le viseur du 7D et je ne m'amuse pas à faire des photos du making-of !
Je m’applique alors à faire quelques photos, même si le décor est franchement limite.

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Mais j’ai un problème : j’ai le soleil couchant en face de moi, et les chardonnerets sont dans l’ombre. Et je vois un voile tout pas beau dans le viseur, je n’avais jamais eu ça avant. Je pense après coup que le soleil est venu taper sur une partie de la lentille de l’objectif, malgré le pare-soleil. Du coup, toutes mes photos sont voilées sur la partie droite, plus ou moins, mais souvent assez pour être gâchées Ça doit être ça qu'on appelle le "flare" chez les pros.

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Du coup, je me suis amusé avec photoshop pour essayer de supprimer ce voile, à coup de filtres de fusions de contraste, tons clairs, teinte et saturation appliqués en dégradé de la gauche vers la droite, et voilà le résultat :

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Si ça c’est pas du travail de pro !
Une autre, avec retouche un peu moins prononcée:

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Les chardonnerets ont la bougeotte, ils ne restent pas longtemps en place. Oups !

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Et quand le chardonneret se pose plus à droite, là où il n’y a enfin plus de voile et une lumière plutôt jolie, et bien le décor est encore plus présent et plus moche. Oui oui, ce sont bien des coquilles de moules, pourtant on est à 500 km de la mer… Qui a bien eu l’idée de balancer ça ici ?

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Le lendemain matin, je retourne sur place, des fois que les oiseaux soient toujours là. En arrivant, rien en vue. J’attends un moment, puis enfin, 3 chardonnerets se pointent. Mais ils redécollent tout de suite, pas le temps de faire des photos. L’un d’eux se pose un peu plus loin, j’ai juste le temps de le viser et de faire une jolie photo, pas tout à fait nette mais presque.

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C’est que les chardonnerets ont la bougeotte, ils ne restent pas longtemps en place. Je l’ai déjà dit non ???

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Autre petite surprise, une jolie petite mésange bleue, qui est venue explorer un trou dans un vieux tronc au bord du parking. Elle clôture cette aventure !

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samedi 14 avril 2018

Tête en l'air

Encore un petit hors sujet d'astrophotographie. Il est presque impossible depuis pas mal de temps d'avoir un ciel potable le soir pendant au moins 1 heure. Nuages, brume, vent, Lune, il y a toujours un truc qui fout tout en l'air. Cette photo est issue d'une série prise l'an dernier à peu près à cette période. Il s'agit de M81 (à droite) et M82 (à gauche), 2 galaxies de la constellation de la Grande Ourse. La 3ème petite galaxie, que l'on voit en bas, je ne sais pas comment elle s'appelle.

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La photo est prise avec le 7D mark2 monté sur le 500mm F/4, elle est le résultat de l'empilement de 35 photos d'une pose unitaire de 90 secondes, avec comme d'habitude un traitement de cheval sous Photoshop.

dimanche 18 mars 2018

Fin de l'hiver

Je n'ai pas pu beaucoup sortir cet hiver à cause de problèmes persos, mais voici quand même quelques dernières images de la saison hivernale, toujours prises vers l'allée de petits pommiers. Le joli Merle noir:

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Même si des fois, le 7D mark2 n'a jamais voulu faire la mise au point sur le merle, pourtant ça avait l'air facile non ?

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Un seul groupe de grives litornes croisé cet hiver sur le site. Et en plus ça n'a duré que quelques minutes. J'ai raté de jolies photos de groupe, car 30 grives sont arrivées en même temps sur un petit pommier, juste celui que je ne pouvais pas viser avec le 500 à cause que j'étais dans la voiture et que je n'étais pas garé dans le bon sens... Heureusement, après le départ du groupe, un oiseau est resté quelques minutes de plus...

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Pour finir, une petite Mésange bleue et un petit Troglodyte mignon pris tout près de la voiture:

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dimanche 25 février 2018

La Blanche

Quelques jours après ma rencontre avec le butor, je tente un affût un matin, des fois qu’il soit toujours dans le coin. J’arrive très tôt et discrètement, je m’installe avec le reflex et le filet. Après un peu d’attente, rien ne bouge, c’est le calme plat. Et enfin, un héron arrive. Bon, ce n’est pas un butor, mais une Grande Aigrette tout de même. Je sais que cet oiseau est très farouche, alors je ne bouge pas du tout. Lorsqu’un héron se pose quelque part, il a toujours une phase d’observation durant laquelle il est très attentif. J’attends alors que l’oiseau se détende un peu, ce qui arrive quand la belle commence à faire un brin de toilette. C’est vrai qu’elle en a besoin, elle n’est pas assez blanche comme ça ! En plus il tombe quelques flocons, sympa !

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Un peu après, ce sont 2 hérons cendrés qui se pointent. J’en attrape 1 à l’atterrissage, non sans couper son joli reflet dans l’eau. Toujours aussi doué…

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Les 2 hérons restent un moment sans bouger, puis repartent l’un après l’autre. Coïncidence ou pas, les 2 sont partis au moment où je bougeais de quelques centimètres sous mon filet. Si c’est moi qui les ai effrayés, alors ça veut dire qu’ils ont vraiment une vue hallucinante.

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Et puis un peu après, la Grande Aigrette est toujours là, avec son plumage plus blanc que blanc qui brûle le capteur du 7D :

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Et puis tout à coup, quelques sons me rappellent qu’on est samedi et que les ingénieurs de chez Orange sont de sortie. Coup de feu, coups de trompette où de cor ou je ne sais pas quoi, un chien qui passe devant, coursant un pauvre chevreuil qui se croyait dans une réserve naturelle. Moi aussi d’ailleurs, je pensais être dans une réserve naturelle, c’est bizarre ? Je dois me tromper alors…
Du coup, l’affût est terminé, on n’aura pas mieux. Le butor ne s’est pas montré, et dire que si ça se trouve il était quand même là, caché comme à son habitude dans les roseaux…

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